En effet, les pêcheurs de civelle sont passés cette nuit comme on nous l'avait dit la capitainerie. Le port étant dans l'embouchure de la Vie d'où le nom du bled, les civelles remontent et sont attendues par les pécheurs. Dure loi, avoir parcouru tant de milles depuis la mer des Sargasses , avoir échappé aux prédateurs voraces pour finir, si prés du but dans les filets d'un marin vendéen qui va les vendre très cher à l'exportation pour le marché espagnol ! On ne peut pas dire que cela m'ait beaucoup dérangé, j'ai bien senti une ou deux vagues claquer le bateau dans un ronronnement de diesel durant la nuit, mais ça ne m'a pas empêché de roupiller.

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Départ vers 10h. Décidément, les compères se lèvent de plus en plus tard. La météo semble favorable, plutôt beau, un peu de vent du S.O. On repasse Pilours et établissons la toile. Partis à belle allure cap N.N.O.


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Il nous faut contourner Noirmoutier pour mouiller au port de l'Herbaubiére. Une navigation à chercher ces foutues bouées dans la grisaille, La bouée du pont d'Yeu d'abord puis Le bavard et Réaumur pour contourner ce sale coin de hauts fonds qui s'étirent assez loin en mer, et puis c'est quand même plus vendeur un bateau sans rayures sur la peinture et sans eau dans l'habitacle. Le temps est couvert, gris à souhaits, la mer est baveuse.


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Nous embouquons le passage entre le phare du Pilier et l'ile, on vire à tribord pour entrer dans le port, enfin nous nous amarrons derrière le bateau des phares et balises pour la nuit.

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Passage à la capitainerie, douches et un petit tour de port dans un crépuscule pluvieux pour constater que tout est fermé ou presque.

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Juste un moment dans un bar glacial tenu par un patron dépressif. Ce soir la ripaille s'impose, soupe, gratin de patates, et endives avec un gouleyant rouquin acheté à St Gilles. Faut ça pour recharger, il ne fait quand même pas très chaud. Faut savoir que le matin, comme le soir, nos paroles se transforment en message de fumée. Non, ce n'est pas un haïku. D'ailleurs, sur l'eau, à part des pêchous laborieux, et les vedettes des affaires maritimes lointaines et c'est tant mieux (il n'est pas impossible que la date de péremption des fusées soit dépassée), il n'y a personne. Devant Les Sables d'Olonnes un voilier avec un grand gênois nous a enfumé propre mais c'est quasiment le seul que nous verrons de toute la virée.

Il est 22h30, rideau.


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